Vent d'ici réagit par une lettre ouverte en réponse à l’émission « La face cachée des énergies vertes » de la RTBF #Investigation du mercredi 18 novembre 2020.

 Sujet : La face cachée des énergies vertes.

 Chére RTBF,

Provenant d’une chaine publique de télévision, un travail d’investigation est censé aborder des thèmes d’actualité, voire des thèmes faisant partie de l’Histoire avec objectivité. Or, nous avons eu droit à l’inverse concernant un sujet plus que déterminant pour les décennies futures, un sujet qui ne concerne pas seulement le monde politique ou scientifique, mais qui concerne chacun d’entre-nous : les énergies vertes.

 Pour faire bref, nous avons eu droit à un plaidoyer anti-énergies renouvelables.

 On peut retrouver cette émission coproduite par ARTE et la RTBF ici.

Petit extrait du texte de la RTBF accompagnant l'émission: "les énergies renouvelables polluent moins notre air, ne craignent pas la pénurie contrairement au pétrole ou au gaz, sont plus sûres… Mais vont-elles vraiment sauver notre planète du réchauffement climatique? Pas vraiment."

Nos remarques sur le fond

  • La production d’énergie électrique est essentielle d’autant plus que la demande est croissante. Les énergies renouvelables constituent une nouvelle étape qui fait suite à l’ère nucléaire et à celles des énergies fossiles (Charbon + pétrole + gaz). Il est regrettable qu’aucune mise en perspective historique n’ait été faite en associant les technologies de chaque époque.
  • Toute production d’énergie demande un investissement et a un impact écologique. La question est de savoir si le retour écologique sur investissement est soutenable ou pas. Pas d’analyse de ce critère essentiel ni de comparaison avec le coût écologique des autres sources d’énergie.
  • Aucun mot sur les progrès déjà réalisés ni sur ceux à venir concernant les technologies de production et de stockage de l’énergie ni sur la réutilisation de ces métaux alors que la Belgique est en pointe sur le recyclage.
  • Autre point essentiel du reportage : le rôle de la Chine dans la production des terres rares. Même si la Chine a anticipé la production de ces matières premières, elle est loin d’être la seule à posséder ces richesses. Les modes de production et le régime politique de la Chine sont mis en cause, à juste titre d’ailleurs. Mais que dire des impacts environnementaux aux Etats-Unis, producteurs principaux de l’énergie la plus polluante : le gaz et le pétrole de schiste ?
  • L’énergie la moins polluante est celle que nous ne consommons pas. Notre modèle économique doit résolument chercher à limiter nos dépenses énergétiques.

Nos remarques sur la forme

  • Un documentaire digne de ce nom doit reposer sur des études provenant de scientifiques objectifs. Plusieurs articles récemment publiés démontrent les inexactitudes flagrantes diffusées dans ce documentaire, notamment Éoliennes et métaux rares-rumeurs et réalites (article de Révolution Énergétique) ou encore L'énergie durable se développera sans terres rares (article de Renouvelle).
  • Une analyse de ce type doit se faire à charge et décharge, ce qui ne fut pas le cas.
  • C’est plus facile de critiquer ou de mettre en évidence des situations sanitaires sur la planète, généralement avec l’assentiment voire plus des pouvoirs locaux, que de proposer des solutions à une catastrophe planétaire annoncée à cause du réchauffement climatique.

Objectivité ou course à l'audience?

L'objectif de neutralité carbone passe obligatoirement par le développement des énergies renouvelables. Mais dans « La face cachée des énergies vertes », la direction de la RTBF semble être sortie de son rôle de chaîne publique objective avec une attaque en règle contre le renouvelable. Assistons-nous à une course à l’audience?

La presse a un rôle de contre-pouvoir important pour éviter les dérives. Un journaliste digne de ce nom ne peut pas se cacher derrière la liberté d’expression pour émettre des contre-vérités ou occulter divers aspects du sujet.

Quelques informations qui tentent de rétablir l'équilibre:

Cette lettre ouverte est éditée par l'ASBL Vent d'ici, association citoyenne qui soutient les économies d’énergies et les énergies renouvelables.