Selon les relevés de Copernicus, novembre 2020 est le mois de novembre le plus chaud de l'histoire : si l'année 2016 était jusqu'à présent la plus chaude, 2020 pourrait bien l'égaler voire la surpasser.

Le réchauffement climatique est une réalité

A l'échelle mondiale, novembre 2020 a été le mois de novembre le plus chaud jamais enregistré. ll était de près de 0,8 °C au-dessus de la moyenne de 1981 à 2010 et de 0,1° C de plus que l'an dernier.

La période de douze mois allant de décembre 2019 à novembre 2020 se situe à 1,28°C au-dessus des températures de l'ère préindustrielle, explique Copernicus dans son bilan climatique mensuel publié en décembre. La base de données satellite de Copernicus pour l'observation des températures a permis de constater que si l'année 2016 était jusqu'à présent la plus chaude, 2020 pourrait bien l'égaler voire la surpasser. Et cette chaleur inhabituelle vient malgré l'effet rafraîchissant du courant pacifique La Niña.

Les États-Unis, l'Amérique du Sud, l'Afrique australe, le plateau tibétain, l'est de l'Antarctique et la majeure partie de l'Australie ont également connu des températures bien supérieures à la moyenne.

L'Australie a vécu un printemps caniculaire et l'Europe a connu son automne le plus doux jamais enregistré.

Les glaces du pôle nord condamnées à disparaître en été d'ici 2035

Les températures étaient les plus élevées dans une grande partie du nord de l'Europe, en Sibérie et dans l'océan Arctique, où la glace de mer était au deuxième niveau le plus bas jamais observé en novembre. La banquise arctique a fondu en 2020 de manière massive, égalant presque le record absolu de 2012. En 40 ans, la banquise arctique a perdu la moitié de sa superficie, soit 6 fois la surface de la France. Elle a aussi perdu en épaisseur.

Le signe d’un bouleversement majeur en Arctique, avec des répercussions sur le climat mondial.

La fonte du permafrost libère du méthane

Le réchauffement des régions nordiques a un autre effet indésirable. La couche du sol gelée en permanence en Sibérie fond et, comme ce sol est riche en végétaux à divers stades de décomposition, cette fonte libère d'énormes quantités de méthane. Les incendies observés dans le nord de la Russie et dans la république de Sakha n'ont rien arrangé...

Concentration de méthane dans le cercle polaire arctique (à 5.500 m d'altitude). Les zones rouges sont de fortes surconcentrations.

Le méthane, qui ne représente que 14% des émissions mondiales, emprisonne jusqu'à 100 fois plus de chaleur que le dioxyde de carbone sur une période de 5 ans. Cela signifie que même si les molécules de dioxyde de carbone sont plus nombreuses que le méthane d'un facteur 5, cette quantité comparativement plus petite de méthane est toujours 19 fois plus grave pour le changement climatique sur une période de 5 ans, et 4 fois plus importante sur une période de 100 ans.

Autre effet désastreux: En Sibérie, la fonte des sols gelés provoque des affaissements de terrain et des déformations de routes et des pipelines de pétrole et de gaz naturel. Ces derniers se fissurent de plus en plus souvent...

Copernicus

Copernicus est le programme d'observation de la terre de l'Union européenne. Copernicus fournit des données et des informations climatiques sur une variété de sujets et de domaines sectoriels.

Références : Copernicus, article "Le méthane libéré en arctique" par The Guardian (en anglais).