La survie des oiseaux près des éoliennes s'améliore d'année en année grâce à la technologie. Passons en revue les méthodes passives et actives de réduction des risques.

 

 Les risques

Une éolienne avec un rotor de 30 mètres de diamètre effectue un tour toutes les 3 secondes. La vitesse en bout de pale va alors atteindre 31 mètres par seconde, ce qui représente plus de 100 KM/h. Les aérogénérateurs de dernière génération peuvent utiliser des pales de 60 m de long qui présenteront à la périphérie une vitesse dépassant les 200 km/h. Perchée sur un mât à 100 mètres de hauteur, l'éolienne peut devenir un obstacle redoutable si elle est placée sur la route d'oiseaux migrateurs.

Les études statistiques montrent que les collisions avec les éoliennes restent malgré tout un facteur très faible de mortalité avicole, de 0,4 à 1,3 volatile tué par aérogénérateur et par an en Europe.  Le diagramme ci-dessus reprend les résultats d'une étude menée au Canada.

Choisir le lieu d'implantation

Il peut arriver que, par mauvais temps ou par distraction, des oiseaux ne contournent pas les éoliennes en rotation. Le comportement peut aussi être différent d'une espèce à l'autre. Il est donc indispensable que l'implantation des éoliennes reste éloignée des zones fréquentées par les oiseaux, et qu'elle respecte les couloirs de migration. 

Méthode passive: Peindre une des pales en noir

Dans un parc norvégien, certaines éoliennes ont reçu un coup de peinture noire sur une pale (photo ci-dessus). Selon les chercheurs du Norwegian Institute for Nature research (NINA) qui ont participé aux tests, les collisions d'oiseaux y ont diminué de 70% par rapport aux éoliennes voisines restées blanches. Ils conseillent aussi de répéter l'expérience dans d'autres parcs éoliens pour mieux valider ces résultats.

Référence : Ecology and evolution (du 26 Juillet 2020).

 Méthode active: détecter et effaroucher les oiseaux

 La société française Biodiv-wind a développé le système SafeWind qui équipe déjà 163 éoliennes dans 7 pays. Basée à Béziers, elle vient d'augmenter son capital pour améliorer son système d'intelligence artificielle, croître plus rapidement et toucher un marché mondial. Biodiv-Wind occupe 14 personnes, principalement des ornithologues et des informaticiens.

Comment ça marche?

Le système SafeWind équipe les éoliennes individuellement. Une installation standard (éolienne terrestre à axe horizontal) pour l’avifaune diurne comprend :

  • 8 caméras haute définition fixées sur le mât de l’éolienne à une dizaine de mètres du sol et permettant de couvrir 360° à l'horizontale et 240° à la verticale.
  • 4 avertisseurs sonores également fixés sur le mât de l’éolienne.

Ces éléments sont reliés à une unité informatique, installée à l’intérieur du mât de l’éolienne, qui analyse en temps réel et en continu les flux vidéo reçus afin de détecter les intrusions éventuelles. 

Un système informatique filtre les images des caméras pour éliminer de l'image les mouvements des objets au sol et pales de l'éolienne et ne garder que les mouvements des oiseaux et des chauve-souris.

Après sélection des paramètres de détection, modulables selon les enjeux du site, SafeWind engage par télécommande ou automatiquement des actions d’effarouchement ou de régulation de la vitesse de rotation. Ces actions sont ensuite arrêtées automatiquement dès que les oiseaux sont sortis de la zone de risque.

 Pour en savoir plus, visitez le site de Biodiv-Wind.